Choisir une stratégie
Réflexions sur la théorie du changement
La Annie E. Casey Foundation est l’un des leaders des programmes de changement locaux globaux en matière de pauvreté. Dans le cadre de son programme « Making Connections », elle a adopté une approche axée sur le renforcement de la famille. En 2007, les FCC ont accueilli deux membres de la direction de cette fondation à une réunion de son groupe anti-pauvreté. Voici ce que la fondation écrit sur sa stratégie et sa théorie du changement :
« Nous croyons en l’importance de la famille pour améliorer les conditions et situations qui frappent trop d’enfants, de familles et de collectivités – la pauvreté, l’isolement et l’inefficacité du soutien.
Nous croyons également dans l’importance des facteurs qui soutiennent les familles et les quartiers. Parmi ces facteurs, on retrouve aussi bien les possibilités économiques, comme l’emploi et l’épargne, que les réseaux sociaux formés de parents et de voisins, ou encore que des services de qualité qui travaillent pour les familles plutôt que contre elles.
Les principes qui sous-tendent «Making Connections» découlent de notre théorie du changement :
- Ne pas brusquer les choses. Nous essayons de comprendre les politiques, les cultures et les systèmes locaux de façon à ne pas compromettre les liens, les partenariats existants et le travail en cours.
- Optimiser l’action des autres. Nous mettons à contribution les ressources, les réseaux et le personnel de la fondation pour aider nos partenaires locaux à développer de nouvelles idées, stratégies et pratiques qui renforcent les familles et la collectivité.
- Apporter des idées. Tout changement durable naît d’idées fortes. L’argent est un bon outil, mais il ne doit pas mener le bal. Les subventions de la fondation ne devraient jamais occulter les ressources et les investissements locaux.
- Prendre le temps de tisser des liens et de bâtir. Nos partenaires n’ont pas forcément le même échéancier que nous. Nous exigeons de nos partenaires locaux des changements souvent importants et difficiles. Nous devons prendre soin de bien présenter nos idées, de trouver un terrain d’entente, de soutenir les acquis et de tisser des liens solides.
- Expérimenter. Nous croyons qu’il faut toujours innover tout en bâtissant sur les acquis du passé. Cela est vrai pour la structure même de notre fondation, pour notre politique de subventions et pour nos interventions sur le terrain.
- Faire des erreurs nouvelles. Nous croyons que prendre des risques calculés fait partie du processus normal d’apprentissage et d’innovation.
- Adopter une approche multisectorielle. Nous ne misons pas sur une stratégie unique ni ne revendiquons l’exclusivité d’un secteur. Parmi nos partenaires figurent des particuliers, la municipalité, des employeurs, des institutions financières, des PME, des groupes religieux, des organismes communautaires, des associations culturelles, des hôpitaux, des universités, des corps policiers et des regroupements de citoyens. Une telle base élargie stimule l’appartenance, les idées et l’énergie.
- Favoriser le leadership local. Le leadership local est vital mais manque souvent de synergie. Nous essayons de soutenir tous les leaders de la collectivité et les aidons à s’unir dans des projets communs.
Notre théorie du changement influence nos hypothèses sur la façon dont Making Connections peut le mieux stimuler le changement à long terme. Par exemple :
- Making Connections doit optimiser les ressources supplémentaires et les partenaires en favorisant et en soutenant le changement à long terme à grande échelle au sein des quartiers et des familles
- Making Connections doit influencer les systèmes et les politiques qui touchent les familles et les quartiers
- Making Connections doit contribuer à la mobilisation de la population afin d’intensifier et de soutenir le changement à long terme. »


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